Evolution ou révolution ? L’économie calédonienne face à la dématérialisation des échanges

La récente intervention du syndicat des hôteliers sur la concurrence du site Air BnB est le révélateur d’un malaise profond qui affecte l’économie calédonienne.

Notre pays ne possède en effet pas la taille critique suffisante pour pouvoir résister aux effets de l’économie digitale. Pourtant, nous aspirons à profiter du développement économique associé à ces nouvelles technologies qui, selon les experts, représentent 25% de la croissance mondiale. Nous sommes donc confrontés à un dilemme et nous n’échappons pas aux effets – tant positifs que négatifs – générés par les « majors » de l’Internet (UBER, NETFLIX, Air BnB, AMAZONE, e-bay, etc.).

 

En effet, rien ne s’oppose à l’importation en direct de tel ou tel produit[1] ou service. Ce phénomène touche déjà la plupart des secteurs non alimentaires et les consommateurs calédoniens sont de plus en plus nombreux à acheter en ligne[2]. Le contexte de vie chère n’est certainement pas étranger à ce comportement. La perception des prix est exacerbée dans les esprits et peu de gens peuvent comprendre qu’ils payent deux fois, voire trois plus cher qu’ailleurs.

 

Mais au final, en achetant de plus en plus souvent à l’extérieur, nous sommes dans un paradoxe où nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis. S’il est possible qu’il y ait des abus çà et là, dans l’immense majorité des cas, les prix affichés servent avant tout à couvrir les charges d’entreprises … dont les salaires. Or, un employé est aussi un consommateur, et un emploi de perdu, c’est un consommateur de moins. Et face à ces géants du net, il ne faut se leurrer, les dégâts peuvent être significatifs. En contrepartie d’un prix compétitif, il y a la perte potentielle d’emplois dans certains secteurs dont le commerce qui emploie plus de 10 000 personnes. Mais le commerce n’est que la phase visible de « l’iceberg » car tous les secteurs de l’économie pourraient faire face, demain, à ce phénomène.

 

Que faire ? Beaucoup voient dans les révolutions numériques et digitales la cause de leur malheur alors qu’elles ne sont que des catalyseurs qui amplifient un phénomène existant. Face à cette situation, la réponse des autorités est généralement basée sur 3 axes :

  • Elles utilisent souvent un angle d’attaque purement fiscal, les gouvernements traitant en priorité leur problème : récupérer des recettes. C’est ainsi que plusieurs pays ont lancé des procédures d’envergure (plusieurs millions d’euros) contre les majors de l’Internet.
  • Certains mettent en place des régimes de protection (restrictions à l’importation, taxe sur les services externalisés, interdiction de sites comme UBER ou Air BnB). Ce sont souvent des solutions à court terme car, selon le vieil adage « celui qui pagaye contre le sens du courant fait rire les crocodiles ».
  • Dans la plupart des cas, le développement de l’économie numérique est inscrit dans un plan stratégique qui doit permettre de gérer la transition entre l’économie traditionnelle et l’économie numérique.

 

Au niveau des acteurs privés, les moyens sont sans commune mesure avec ceux des « majors ».  et nous avons peu de chances de juguler le phénomène. Devons-nous pour autant baisser les bras ? Assurément non. Soit nous abordons ce virage de manière positive, soit nous le subirons. D’ailleurs certaines entreprises locales ont compris qu’il était nécessaire de repenser globalement l’expérience client et le service délivré afin de l’adapter au consommateur calédonien du 21ème siècle. Quidnovi, franchise de l’institut international TNS, accompagne ces entreprises dans leurs évolutions et leurs révolutions numériques avec une gamme complète de solutions métiers pour répondre aux défis de demain.

 

Stéphane Renaud, stephane.renaud@quidnovi.nc

[1] Si ce n’est les interdictions et les contingentements

[2] 33% des Internautes selon l’observatoire du numérique – 2012

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